Mardi 27 mai 2008
La prédation, une invention humaine ...
La prédation, se définit comme ; Une activité de nutrition, son origine latine est praedatio qui signifie « Pillage, Brigandage ». A XIX et XX siècle le prédateur se défini comme un pillard. Quant aux règnes animal et végétal, le prédateur est celui qui se nourrit d'animaux ou de végétaux de manière brutale (violence sans modération).
Il est préférable de préciser que l'agir sans modération n'est pas le propre des animaux définis comme «prédateurs », il serait plutôt le propre des sociétés humaines modernes post-2nd guerre mondiale.
Une brute, c'est un animal considéré comme un être primitif le distinguant ainsi de l'homme. Traiter un homme de brute est une insulte.
Une brute est un individu (humain ou animal) insensé et insensible, or connaissez vous l'insensé et l'insensible ailleurs que chez la machine ?
L'animal n'est pas une machine et nous le savons maintenant fort bien. Parler de prédation sans parler de « brute » c'est retirer l'élément principal de ce terme, sans cela, si l'on admet que la brute est un jugement datant d'une époque ignorante (dont nous n'en sommes pas sortie complètement, malgré les progrès d'une science à la mode : l'éthologie), la prédation n'est juste qu'un mode rudimentaire de nutrition. Lorsque j'arrache une pomme au hasard d'un chemin je serai donc, « prédateur ».
Malgré tout, ce n'est pas aussi simple, car le dictionnaire ne donne pas les sens des mots, il en donne une définition qui n'est rarement partagé. Avez vous appris les significations par le dictionnaire ? Ou alors par votre vécu et par l'apprentissage. C'est donc bien la société qui définit et non le dictionnaire. C'est alors que le mot devient politique.
Nous aurions pu penser qu'il serait sensé que la société voit la prédation comme un terme péjoratif ou alors une terme réservé aux biologistes. Malheureusement il en est tout autre. Le prédateur est un animal qui veut jouir et maintenant, et la société voit cela d'un bon oeil. L'image du prédateur c'est le lion qui mange la gazelle, usurpation naturaliste stupide et quasi fantasmatique, ou alors c'est le business man. Le trader de wall street. Le patron qui réussit, le jeune qui s'en sort, le Je prédateur et l'autre écrasé. Elle est bien loin l'Afrique des lionnes ne pensez vous pas ?
D'où nous vient cette idéologie, des arguments naturalises d'extrême droite qui s'exprime comme ceci : « Sommes nous tous pas des prédateurs par instinct ? Si les humains cessaient complètement de faire des autres (plus faible) leurs proies, pourraient-ils encore exister ? »1. Ces théories d'extrême droite ne font rarement surface telles quelles, elles passent comme du libéralisme sous des prétextes économiques. Ainsi la société véhicule ces idées en en faisant une nécessité économique, un idéal de réussite et de compétition.
« N'observons-nous pas en effet le développement d'une culture du résultat, de la réussite narcissique à tout prix, fit-ce celui de l'écrasement d'autrui ? La façon dont les médias glorifient ces nouvelles vedettes que sont les grands managers, dont l'irrésistible ascension est relatée avec un langage guerrier à peine métaphorique, en est une illustration frappante. Le prédateur pressé « qui ne fait pas de sentiment », n'est pas seulement le mal nécessaire de la loi du marché ; il est érigé en mode héroïque. »2
Pour le D. Zagury voici l'environnement qui encourage la mise en place des fameux « Psychopathes », que l'on peut voir comme des prédateurs. Il utilise le terme « malaise psychopathique dans la civilisation » avec lequel je partage le point de vue. Je ne lui ferai pas dire ce qu'il ne dit pas c'est à dire que le « psychopathe » n'est que le résultat d'une société.
Ainsi des prédateurs parmi les animaux, l'espèce humaine est celle qui définit le mieux ce terme, les félins à qui l'on fait porter le chapeau n'entrent même pas en concurrence. Il est toujours bien plus angoissant de ce regarder dans une glace, alors qu'il est commode mais bien faux d'accuser les animaux d'êtres des prédateurs. L'animal n'est pas méchant. L'être humain l'est-il pour autant ? Je ne vous sortirai pas la rengaine simpliste de « la faute à la société », mais elle est responsable autant que de nombreux autres facteurs. Mais lorsque nous auront fait face à nos monstres, nos brutes, que nous avons créés, nous pourrons peut être évoluer et nous émanciper.
La prédation est une invention humaine ne blâmons pas les animaux à notre place.
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1.Might is Right de Ragnar Redbeard classé comme un ouvrage d'extrême droite 2. « Du malaise psychopathique dans la civilisation au tueur en série » dans la revue l'évolution psychiatrique. Daniel Zagury, psychiatre.
Par Korbac
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Publié dans : Libération Animale
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